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Marilyn est indirectement à l'origine de la carrière de Jane Fonda. ( 2 oscars! )

Jane Fonda est la fille de Henry Fonda. Dans ses mémoires, parues en 2005, elle écrit qu'elle est inscrite à l'Actor's Studio, et que c'est le directeur en personne, Lee Strasberg, qui l'a poussée car " quand il l'avait vue, elle lui semblait fermée, essayant à tout prix d'être une jeune femme comme il le faut." Jane lui demande donc pourquoi il l'avait prise dans ses cours et il lui répondit: "c'est à cause de tes yeux. J'y ai vu autre chose." Strasberg se trouvait en effet à Los Angeles car Marilyn tournait "Certains l'aiment Chaud" et que sa femme, Paula était la coach de Marilyn. Les Strasberg se trouvaient donc tout près de là où habitait Jane. " Voilà le hasard qui changea ma vie ".

Mais bien que Jane reçoit des encouragement de Strasberg, celui qui forma entre autres, Sally Field et Al Pacino, elle est encore un peu réticente car elle n'a pas vraiment confiance en elle. Jane est amie avec ses enfants, Susan et John, qui eux aussi l'encouragent à essayer. Susan présenta à Jane sa mère, Paula Strasberg, qui venait de triompher à Broadway, dans "Le journal de Anne Franck". Susan propose à Jane d'aller la voir, sur le plateau de "Certains l'aiment chaud". Or, sa mère était alors le coach de Marilyn.

" Il y avait beaucoup de tension, ce jour là, sur le plateau. C'est souvent le cas lorsque sont réunis des stars comme Marilyn, Tony Curtis, Jack Lemmon et Billy Wilder. Que Marilyn eût des problèmes avec son texte n'arrangeait rien. Ils avaient déjà tourné plusieurs fois la même scène. Il s'agissait de celle où elle se retrouve au début du film, dans le wagon lit avec Tony et Jack en travestis. Paula était assise sur un fauteuil en toile, concentrée sur ce qui se passait à l'intérieur du cercle de lumière. On avait envie de se réfugier dans ses bras. Les verres épais de ses lunettes lui faisait des yeux de chouette et ses cheveux roux pâle étaient tirés en un chignon natté. On voyait qu'elle avait été très belle, comme Susan.

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J'ai retenu ma respiration pendant ce qui m'a paru une éternité, puis une voix a crié: " Coupez ! " Instantanément, des gens se sont agités, ont quitté l'ombre pour exécuter dans le cercle éclairé les gestes précis et syndicalement régentés qui leur étaient attribués. Et Marilyn a fait le chemin inverse, ruisselante de lumière. Tandis qu'elle se dirigeait avec Paula vers l'endroit où nous nous tenions, Susan et moi, quelqu'un a posé sur ses épaules un peignoir en chenille rose qu'elle a refermé sur la chemise de nuit à bretelles. Son corps semblait la précéder, j'aurais pu le fixer indéfiniment. Mais en relevant la tête, j'avais vu son visage d'enfant aux grands yeux apeurés. Je me sentais étourdie. J'avais du mal à croire qu'elle était là, en face de moi, iridescence dorée, nous murmurant bonjour de sa voix haletante de petite fille. La vulnérabilité qu'elle irradiait m'a fait l'aimer immédiatement et me sentir heureuse qu'elle ait, pour la materner, une femme ample et douce comme Paula.

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Elle a été très agréable avec nous, mais elle avait besoin, cela se voyait que Paula lui accorde toute son attention, lui donne ce qu'il lui fallait pour retourner dans le cercle et rejouer encore une fois la scène. Je me suis demandé comment elle pouvait se montrer aussi terrorisée alors qu'elle était probablement la femme la plus célèbre du monde. Pour la première fois de ma vie, quelque chose en moi se sentait attiré par la lumière qui brillait derrière les portes capitonnées, au coeur de l'ombre. Longtemps avant le jour où je me suis retrouvée à mon tour sous les sunlights, et où il me fallut découvrir ma façon à moi d'affronter les peurs que la célébrité ne sait pas apaiser.

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Marilyn, l'élève la plus célèbre de Lee, s'asseyait sagement, l'air sérieux, au fond de la salle, habillée d'un imper, un foulard sur la tête, sans maquillage. Deux fois par semaine, je m'installais derrière elle, et essayais de comprendre ce qui se passait, en priant le ciel que Lee ne m'appelle pas sur scène. Marilyn, m'a t-on dit, n'a jamais pu jouer pendant ses cours. Chaque fois qu'elle essayait, le trac la faisait vomir.*

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Un jour, en repartant, je l'ai suivie dans la rue. Je l'ai vue héler un taxi, s'éloigner incognito. Je l'avais vue aux actualités, derrière les projecteurs, assaillie par les fans et les paparazzi, et je me suis demandé comment la même personne pouvait passer de cet extrême à l'autre, être au centre d'une frénétique attention puis se retrouver seule dans une rue de New York, comme une inconnue, effrayée.

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Quelques années plus tard, son attaché de presse, qui était aussi le mien, m'a raconté que Marilyn avait une fois eu tellement peur de descendre de sa chambre d'hôtel dans le hall où il avait organisé une conférence qu'elle s'était mise à vomir sans pouvoir s'arrêter. Elle passait continuellement du rêve à la terreur. Elle disait parfois n'être pas seulement une "star" c'est à dire une étoile, mais un "corps célèste". Et murmurait souvent : "Un jour, vous verrez, ils s'apercevront que je suis bidon." J'aurais aimé aller vers elle et lui prendre la main.

Plus loi, Jane écrit à propos de son personnage de Kimberly Wells, dans le film "Le Syndrôme Chinois" :

" Comme beaucoup de femmes, Marilyn représentait pour Kimberly quelque chose que la touchait particulièrement : une certaine tension entre une humanité profonde et l'ambition, entre la force et la malléabilité. "

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(Dans ce film, son personnage, Kimberly Wells, a sur son bureau la série de Marilyn en couleur de Andy Warhol.)

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* Il est vrai que Marilyn étaient morte de peur de faire des scènes devant les élèves de Strasberg mais elle avait bel et bien joué une fois, un texte de Christie, et Strasberg dira qu'elle était incroyable, qu'elle avait montré qu'elle savait jouer, et tout les élèves l'avaient applaudie. Strasberg dira alors : " Les deux seules stars qui ont un potentiel vraiment grand que je n'ai jamais vu sont Marlon Brando et juste derrière Marilyn." Tous ceux qui pensent que Marilyn n'était pas une actrice devraient réfléchir à deux fois maintenant sur ses capacités de jeu.